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Groupement pour la Sauvegarde du Plateau de St Georges



 

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Sur cette page est reproduit le courrier adressé par le groupement au Département des Constructions concernant la demande de renseignements no. 17942 :



Groupement pour la Sauvegarde
du Plateau de Saint-Georges
Case postale 15
1213 Petit-Lancy-2
Département des constructions et des technologies de l’information (DCTI)
Police des constructions
Case postale 22
1211 Genève 8

Petit-Lancy, le 4 septembre 2006

Concerne :

  • DR 17942 – FAO 9.8.2006
  • Construction d’un immeuble de logements avec garage souterrain sur parcelles N° 23, 24, 1383, 1385, 2040, 2041



Madame, Monsieur,

Notre groupement s’investit depuis de nombreuses années pour tenter d’infléchir dans un sens plus « convivial » le programme de densification de l’habitat sur le plateau de Saint-Georges au Petit-Lancy, en particulier en ce qui concerne le périmètre dit « des Marbriers » qui se situe en zone de développement. Il rejoignait de ce point de vue les objectifs poursuivis par la Commission d’Urbanisme de la Ville de Lancy en 1987. Dès lors, et décennie après décennie il s’est vu contraint de s’opposer, avec l’appui de la population de ce quartier, aux projets d’urbanisation tels que définis - avec une constance impressionnante depuis les années 1970 -, par l’administration cantonale : la Cité Nouvelle d’Onex faisait alors figure de modèle de référence et les projets successifs alignaient des barres d’immeuble parallèles, de la même veine. La suite a montré les limites et les inconvénients de cette forme d’habitat, et d’autres solutions ont été proposées en matière d’urbanisation en périphérie urbaine, avec des succès variables : s’il n’y a sans doute pas de formule idéale, il nous semblait qu’il y avait de la place pour une créativité plus réfléchie et aussi plus imaginative.

En 2005, le Groupement s’est opposé pour les mêmes raisons et dans le même esprit au nouveau projet de PDQ pour ce quartier des Marbriers. A la demande de ses membres, courant février 2006, il a développé puis proposé aux autorités communales et cantonales un projet citoyen alternatif. Cette approche visait à démontrer que d’autres solutions et formules étaient possibles, tout en respectant les critères de densification urbaine en zone de développement et en aménageant différemment les conflits potentiels entre habitat, vie de quartier, sécurisation des accès scolaires et circulation sur une importante artère en réseau primaire (route de Saint-Georges). La formule envisagée devait en particulier favoriser une concertation étroite avec les habitants actuels comme avec certains des habitants futurs potentiels ayant fait connaître leur intérêt à réaliser un projet dans ce quartier (une coopérative d’habitation) et d’autres partenaires éventuels, y compris les promoteurs immobiliers intéressés. Elle devait favoriser également la construction rapide d’un habitat bien accepté et compatible avec les maisons voisines, sur les parcelles maîtrisées ou susceptibles de l’être dans un proche avenir. (voir site www.sauvegarde-st-georges.org )

Dans sa majorité, le conseil municipal n’a pas suivi cette ambition-là, il a cependant également marqué son insatisfaction devant le projet de PDQ cantonal en faisant dépendre son acceptation du PDQ cantonal d’une condition prévoyant une modification d’implantation de certains des bâtiments. Les habitants du quartier sont nombreux à clamer leur indignation.

C’est donc dans ce contexte que nous avons pris connaissance de votre demande de renseignements en vue de l’implantation d’un immeuble locatif de 5 étages sur rez, conforme dans son gabarit et dans son implantation au PDQ évoqué plus haut.

Notre réflexion porte d’abord sur la méthode utilisée pour engager un projet immobilier : il s’agit à notre sens d’un projet qui va d’emblée à l’encontre de ses propres intérêts, le meilleur moyen de fâcher les habitants des parcelles concernées par ce projet consistant en effet à commencer par les ignorer en recouvrant la maison qu’ils habitent d‘un bâtiment qui les chasserait de chez eux, à moins qu’ils ne soient a priori vendeurs. Le cas échéant, une démarche préalable aurait permis de recenser, aux extrêmes, celles et ceux qui seraient effectivement vendeurs, comme celles et ceux qui ne veulent en aucun cas l’envisager. Elle aurait eu en outre l’avantage de la plus élémentaire décence. Enfin, elle aurait favorisé l’examen d‘un projet de construction compatible avec les droits à bâtir potentiellement acquis, projet qui aurait alors pu être présenté plus sereinement au voisinage et qui aurait de meilleures chances de se concrétiser

La procédure que vous engagez réalise le scénario inverse : les « non-vendeurs » entrent dans une opposition résolue et bloquent suffisamment de droits à bâtir pour que le projet échoue dans sa définition actuelle S’il n’y a pas d’ouverture de l’administration cantonale à un projet différent des gabarits et des implantations définies au PDQ, tout est vraisemblablement bloqué pour des très nombreuses années.

Le Groupement considère qu’une densification urbaine est légitime et souhaitable sur ce périmètre des Marbriers, mais qu’il convient de s’y prendre autrement, que des solutions plus cohérentes avec la vie d’un tel quartier et plus heureuses en terme de qualité de vie seraient à portée de main si l’approche était envisagée de manière plus souple dans la forme tout en restant ferme sur le fond, en particulier en ce qui concerne le besoin de logements de natures diverses à brève échéance, mais aussi l’impact en matière de circulation, d’équipements publics, de fiscalité communale, d’activités économiques locales, etc. Il reste d’ailleurs désireux de continuer à œuvrer dans ce sens, à sa place – sans plus – s’il n’est pas trop tard.

Nous espérons que ces réflexions sur la méthode retiendront quelque peu votre attention et vous adressons, Messieurs, nos meilleures salutations,

Pour le Groupement pour la Sauvegarde du Plateau de Saint-Georges

Le président :
Jean-Claude Michellod